Des mineurs auteurs de violences sexuelles : comprendre pour mieux accompagner
On l’oublie parfois, mais les violences sexuelles sur mineurs ne sont pas seulement commises par des adultes. Une part significative de ces actes est le fait d’autres jeunes — des enfants, des adolescents — souvent au sein même de leur famille. Une réalité difficile à regarder en face, qui bouscule ce qu’on croit savoir sur l’enfance et l’adolescence, et qui pose des questions auxquelles notre société n’a pas toujours de réponses claires.
Comment réagir face à un jeune qui a commis des violences sexuelles ? Faut-il d’abord sanctionner ou d’abord soigner ? Comment évaluer la situation, travailler avec la famille, prévenir afin que cela ne recommence pas, tout en accompagnant ce jeune dans la construction de son identité et de sa sexualité ? Il est évident que ces questions font appel à des logiques parfois contradictoire.
Quatre membres du Pôle Provincial de Toulouse ont donc participé, le 9 avril 2026, à la formation proposée par le CRIAVS Midi-Pyrénées. Elle a rassemblé près de 700 participants dans l’Auditorium du Centre Hospitalier Gérard Marchant de Toulouse. L’objectif de cette journée n’était pas de donner des réponses toutes faites, mais d’encourager une réflexion collective, pluridisciplinaire et ancrée dans la réalité des pratiques. Les membres du Pôle ont ainsi pu discuter avec plusieurs experts et partager leur propre expérience.
À la suite de l’Audition publique, en juin 2025, sur le parcours des mineurs auteurs de violences sexuelles, l’ancien Secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, Adrien Taquet, a présenté les éléments saillants du rapport final. Plusieurs scientifiques ont présenté leurs travaux et les enjeux spécifiques que soulève ces questions: articulation entre protection de la société et accompagnement éducatif, place de la sanction pénale, modalités d’évaluation clinique, indications thérapeutiques, travail avec les familles, prévention de la récidive et accompagnement du développement psychosexuel.
Parce qu’accompagner un mineur auteur de violences sexuelles vers une reconstruction possible, c’est d’abord accepter de comprendre ce qui s’est passé — sans esquiver la complexité, et sans perdre de vue que derrière chaque acte, il y a un jeune dont l’histoire n’est pas encore terminée et que nous devons accompagner.
Une phrase répétée à plusieurs reprise a marqué les esprits : « Un enfant n’est pas un adulte en modèle réduit mais un être en devenir » selon la formulation du neurologue Edouard Claparède.

